J’ai eu l’impression de «vivre» un mal-être profond. Probablement le même qui habite les personnages de Roche, Papier, Couteau.
Enfermés depuis plus d’un mois dans un conteneur de cargot, des jeunes débarquent dans un village du Nord après un voyage qui fut sans aucun doute terriblement froid, gris, dur. Pris en charge par Mielke, nous vivrons avec eux leurs angoisses, leur jeu et puis la durée de leur courte adaptation à cette nouvelle terre d’accueil.
Émotions vives, à fleur de peau, on vit avec eux le bord du gouffre. Le mal de vivre de certains, les troubles des autres. La douleur est palpable, pas insoutenable. Tout au long de la pièce on a l’impression de vivre une gigantesque métaphore, des rappels, un déjà-vu de ce que certains vivent vraiment dans des villages du Grand Nord. Des ados s’échappant de leur cauchemar en employant diverses façons toutes plus éprouvantes qu’inimaginables. Une réalité dépeinte dans un contexte théâtrale, nous évitant ainsi, la trop grande comparaison, ce qui nous évite de passer à côté du superbe texte et du jeu, très juste, des acteurs.
Fascinant, troublant. Une pièce difficile à oublier, qui s’imprègne et qui fait son chemin. Un imaginaire poignant rappelant une réalité frappante.
À voir et à ressentir.
Jusqu’au 13 février 2010, Salle Fred-Barry, Théâtre Denise-Pelletier
Avec:
Éloi ArchamBaudouin, Christine Beaulieu, David-Alexandre Després, Catherine-Amélie Côté, Annie Ranger.
Collaborateurs artistiques:
Emanuelle Langelier,Vano Hotton, Sarah Balleux, Martin Gagné, Martin Marier, Valérie-Geneviève Proulx, Ève Gadouas et Ariane Bélanger.



















